" Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé. "
Twilight New Moon gagne en «popularité» (à défaut de trouver un meilleur terme) par rapport au premier opus. Le fait que Chris Weitz soit à la barre de ce deuxième volet lui donne une consistance que le premier film n'avait pas. Certains plans de caméra sont hyper léchés (celui, notamment, illustrant le passage des mois solitaires de Bella sont magnifiquement rendus ou encore les séquences se déroulant à Volterra) et donnent une qualité visuelle indéniable au long métrage. L'atmosphère est plus lourde, plus intense et la dramatique de certaines scènes est parfaitement accentuée par la trame sonore d'Alexandre Desplat.
Si les effets spéciaux pour donner vie aux loups-garous sont parfois un peu gâchés (à part la transformation proprement dite ainsi que le moment où Jacob passe devant Bella et où son image se réfléchit sans sa pupille), ceux des vampires sont absolument superbes. La poursuite de Laurent par le Wolf Pack et la traque de Victoria figurent parmi les moments que j'ai particulièrement apprécié du film, déplorant d'ailleurs qu'ils durent si peu de temps. Autre grand moment de New Moon: toutes les scènes avec les Volturi. Michael Sheen est jouissif en Aro et Dakota Fanning est d'un diabolisme merveilleux de cynisme, son visage angélique offrant le contraste parfait avec ses yeux rouge sang.
C'est d'ailleurs après des séquences comme celles mentionnées ci-dessus qu'on s'aperçoit que la grande majorité de New Moon n'est qu'une longue – j'allais dire litanie – histoire d'amour à l'eau de rose, aux rebondissements alambiqués. Et c'est en comparant les prestations de Michael Sheen, de Dakota Fanning et même de Taylor Lautner à celle de Robert Pattinson qu'on obtient la confirmation de ce qu'on avait pressenti dans le premier volet: tout sexe symbole qu'il soit, il ne sait pas jouer. Ses répliques tombent à plat et sa «chimie» avec Kristen Stewart ne marche pas. Oui, les photos du film sont superbes et font de magnifiques fonds d'écran, mais dès que Robert Pattinson ouvre la bouche, c'est un massacre.
C'est d'autant plus dommage que Kristen Stewart semble avoir gagné en maturité, à moins que ce ne soit qu'un effet des couleurs, des costumes et du maquillage. J'ai beau ne pas être sensible à son jeu, je suis capable de voir qu'elle travaille, qu'elle est convaincante et qu'elle arrive à rendre certaines répliques d'un ridicule peu commun parfaitement crédibles (le «You're sort of beautiful» à Jacob et autres plateries). Le charme n'opère malheureusement pas avec Robert Pattinson qui fait pâle figure (mauvais jeu de mots, je sais) à côté de Taylor Lautner qui, une fois qu'il aura mûri un peu, risque de surprendre.
Extrait d'une critique écrite par Isabelle Hontebeyrie Publié le: 19 novembre 2009